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 Léa Crève-coeur

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MessageSujet: Léa Crève-coeur    Mar 25 Oct - 23:29

• Nom : Jolicoeur
• Prénom : Léonora
• Dite : Léa Crève-cœur
Surnom : « La sirène aux pieds blancs »
• Age : 19 ans
• Sexe : ♀ féminin
• Lieu de Naissance : West Blue, Royaume d'Illusia
• Camp : Pirate
• Race : humaine
• Métier : Demi-mondaine ? Et quelques connaissances en médecine.
• FDD/Arme : Deux nunchakus à chaîne extensible (ce qui offre une utilisation plus polyvalente pour qui sait les maîtriser) et une grosse a aiguille en métal piquée dans sa chevelure (ou coincé dans une ceinture) qui peut faire office de poignard au besoin (la forme n'était pas tout à fait cylindrique).
• But / rêve : Une vie libre et sans regrets. C'est aussi une chasseuse de primes... mais avis de recherche barrés au-dessus de son lit déclinent ses conquêtes et non ses captures.

Portrait Physique

Faun - Iyansa

Carnet d'un rêveur :
L'omnibus s'est arrêté, les portes se sont ouvertes, elle est entrée. Mon regard l'accompagne jusqu'à son siège, situé dans la rangée d'à côté, face au mien. Je la regarde un bref instant, comme je le fais avec tous les nouveaux arrivants, puis, par pudeur, je tente de m'intéresser à la vacuité habituelle du décor. Mais, déjà, son image m'obsède et je reviens sur elle. Elle est belle. L'émotion me gagne, la cohue urbaine qui me berçait jusqu'alors se fait lointaine. Je la fixe comme je n'avais encore jamais osé fixer personne. Sa beauté transit mon regard, tandis que le sien reste tourné vers la vitre.
Ce visage… Si seulement il pouvait s'ancrer en moi, si seulement je pouvais me l'approprier, ou m'en donner l'illusion par le biais d'une photographie, d'un portrait rapidement esquissé. Hélas, serait-ce suffisant ? C'était l'essence même de sa beauté que je désirais. Cette intangible saveur qui ne serait à portée de vue qu'un instant. Un instant éphémère, à la fois exquis et cruel. Elle était là, si près et si loin de moi. Je sens les larmes me monter aux yeux, et je me demande si l'on peut pleurer par excès de beauté… Sait-elle qu'elle est sublime ? Ses amants l'ont-ils vue à travers les mêmes prunelles conquises ? Je les jalousais, mais ne les enviais pas. Je l'aime silencieuse, je l'aime anonyme. C'est dans cette observation muette et non partagée qu'une parfaite osmose se crée. Non pas avec elle, mais avec sa beauté, sa beauté qui, pareille à un parfum enivrant, envahit l’espace et trouble mes sens.
L'omnibus s'est arrêté, les portes se sont ouvertes, je sors, elle reste. Sur le trottoir, je devance le véhicule de quelques pas. Un coup de fouet claque, les chevaux repartent. Tandis que nos mondes se séparent pour ne plus jamais se retrouver, nos regards se croisent enfin. La belle inconnue est promise aux souvenirs. A ces petits souvenirs semblables aux babioles que l'on refuse de jeter et auxquelles on attache une importance que les autres ne pourront jamais comprendre. A ces souvenirs, à ces objets de pacotille que l'on ne peut partager, mais que l'on conserve dans un écrin d'ivoire.
Ce visage me hante. Il tapisse ma pensée, en rêve éveillé, et me plonge dans un état second pour le restant de la journée. Mais les détails se fanent comme les pétales d'une rose. Alors, je rassemble les derniers éléments qu'il me reste, sa peau lisse et pâle, le galbe fragile et précis de sa mâchoire, son nez fin, et, surtout, ses lèvres pleines, gorgées de sucre et de rosée. Je me plais à peindre le fard discret de ses joues rondes, les étoiles rousses qui les constellent. Là, je vois la courbe d’une épaule nue, des boucles d’or ondulant sur une poitrine gonflée dans un chemisier blanc et, enfin ses grands yeux de turquoise. Ces yeux qui se sont posés sur moi avant de disparaître. Des fragments de visage, figés, défraîchis, coincés entre deux pages du livre de ma vie, qui me piquent de mélancolie. Je ne peux l'oublier. Elle était belle, belle à en pleurer.

Cette description envolée ne manque pas de vérité. Léonora est ce genre de femme difficile à ignorer, mais les airs angéliques que l’auteur a bien voulu lui prêter sont pure affabulation. Qu’on y regarde de plus près… La belle a le nez busqué des petites effrontées, un charme qui frôle l’insolence, le regard mutin, une tenue trop légère pour l’innocence. Créature lumineuse malgré ses vices, elle évoque pourtant douceur et réconfort. Le sourire et le rire lui sont naturels. Vous pourrez la trouver cruelle, mais vous seriez un monstre de la haïr. Léonora se sert de sa beauté et de ses formes plantureuses avec d’autant plus de talent qu’elle semble inconsciente de son effet. Il y a une sorte de candeur sous sa malice, un détachement qui la rend diablement insaisissable.
Plus sauvage que soignée, la jeune femme porte avec élégance la tenue d’un saute-ruisseau, des bottes hautes, des shorts déchirés – mais souvent trop serrés -, des serre-taille en cuir par-dessus un chemisier déboutonné. Son corps, ainsi exposé, n’inspire pas la fragilité. Du haut de ses 1m75, Léanora présente une carrure souple et élancée. Il serait finalement difficile de l’imaginer dans une belle robe à tournure.
On ne trouvera pas de bijoux sur son corps mais, de temps en temps, un ruban attaché à un bras ou une cuisse. Ses cheveux s’entortillent en anglaises naturelles lorsqu’ils sont lâches. Elle préfère en général les rassembler dans une natte.
Depuis qu’elle s’est engagée dans la piraterie, Léonora a trois tatouages. Le premier fait vraisemblablement référence à son nom de famille. Planté à la mi-mollet, côté extérieur, il représente un petit cœur gris géométrique traversé de veines noires d’où transpirent des larmes de sang. Deux minces filets rouges descendent le long de sa cheville et donnent l’illusion d’une blessure fraîchement taillée. Une liane épineuse, agrémentée de feuilles dentées, se découpe sur la cuisse opposée (la gauche) et serpente – dit-on – jusqu’à la naissance de la hanche. Par contraste, le dernier tatouage est plus discret. Il s’agit d’un simple gouvernail enroulé de cordage autour de son coude.



Tempérament d'une femme insaisissable
Partie I


Journal de bord du capitaine Azriel la Mal Mort
Grande Line

Léa… Si on m’avait dit que ce joli brin de fille me manquerait tant, je crois que je ne l’aurais jamais prise à bord. Combien de temps est-elle restée ? Deux mois ? Trois mois ? J’ai du mal à croire qu’un passage aussi léger que la brise de calm belt puisse laisser une impression de vide aussi intense. Il semble qu’à trente-quatre ans je devienne sentimental, moi, Azriel la Mal Mort. N’est-ce pas ridicule ? Foutue gamine. Une bouteille de trop dans le cerveau et voilà que je me retrouve à contempler l’horizon en soupirant comme un jouvenceau après le fantôme d’une jeune fille… A l’imaginer dans les bras d’un autre et brûler de jalousie.
Evidemment qu’elle ne comptait pas rester. Ce n’est pas le genre de fille auquel on peut s’attacher mais il m’a semblé que quelque chose d’inhabituel se tissait entre nous. Je n’oserais parler d’amour, je ne sais pas ce que c’est que l’amour, et pourtant, je ne supporte pas l’idée d’avoir été abandonné comme un amant de plus. Garce ! Si seulement je la retrouvais, je lui referais le portrait à la pointe de l’épée et lui pourfendrais le ventre aussi longtemps que le sang pourra couler. J’y songe parfois. Ça me soulage un instant, et finalement, je me sens coupable. Il y a ces yeux, cette bouche, son sourire et ma propre faiblesse.
Je n’explique pas ce départ. Nous l’avons pourtant attendue sur le quai, elle m’avait assuré de son retour. Je ne la pensais pas menteuse. Comme je me suis trompé… J’ai ri de ma crédulité devant mon équipage, noyé ma contrariété dans le rhum. Il faudra bien que ça passe. Mais quelque chose a changé à bord. Faut dire qu’elle savait en imposer la petite Léa, une vraie boule de feu. Elle avait l’art de se faire passer pour plus sotte qu’elle ne l’était. Je ne sais pas si je l’ai vue sérieuse un jour – les discussions graves la faisaient systématiquement rire – mais son regard était trop vif pour être celui d’une ingénue. Un mystère cette demoiselle. Je n’ai jamais su ce qu’elle cherchait, je ne le saurai sans doute jamais, mais je m’étonne encore de la vitalité qui bouillonnait dans son petit corps. Un esprit intelligent et sans noirceur, est-ce bien possible ? Léa Crève-cœur, ce surnom va si mal à une femme qui était devenue la Miss Sunshine du bateau. Il y a toujours de la lumière près d’elle, c’est peut-être ce qui la rend si attirante, c’est peut-être ça, cette impression d’obscurité tout à coup. Cruel petit crève-cœur et ses arrière-goûts de bonheur, aussi pâteux dans la bouche qu’un bon vin au réveil. Et je me dis maintenant, que quelque part sur l’océan, miss Sunshine a mal.

[
Noblesse Oblige - Bitch


Rapport d’un vice-amiral à propos de la fuite de Azriel La Mal Mort :

Logue Town
La mission à Logue Town a échoué d’une manière aussi ridicule qu’honteuse pour la marine. L’officier chargé de la capture de « La Mal Mort » s’est fait abuser par ce qui semble être l’une de ses complices. Léa Crève-cœur, dite La sirène aux pieds blancs, pirate davantage connue pour ses frasques amoureuses que pour ses crimes, est déclarée ennemie de la marine pour avoir facilité la fuite d’un criminel à 80 000 000 de berrys et drogué puis séquestré un gradé. Les méthodes employées laissent à penser que cette femme n’en est pas à son premier forfait et qu’elle pourrait bien en commettre d’autres au nez du gouvernement. Tout porte à croire que nous avons affaire à une espionne particulièrement habile. Il semble néanmoins que le plan de la capture lui soit parvenu assez tard pour rendre ses machinations caduques.
Nous recommandons à tous nos soldats la plus extrême prudence. L’officier trompé la décrit comme une fille très belle, une blonde à l’allure vulgaire et à l’air sournois. Il signale également le tatouage d’un cœur sur son mollet droit. Ne laissez aucun navire quitter l’île.
PS : Votre officier a été remercié pour faute professionnelle grave.


Biographie

L’histoire de Logue Town fait étrangement écho à un échec qui, trois ans plus tôt, mettait au ban une flotte entière de marines sur West Blue. L’équipage d’Andie au Sang Froid était composé d’une bande de fripouilles recrutée dans les quartiers les plus miséreux. Des adolescents brutaux, en manque de repères, qui avaient besoin de se faire les crocs sur des villages de pêcheurs faciles à piller. Leur symbole, un crâne cyclope dont l’orbite affichait un cadran d’horloge rouge, était devenu en quelques mois l’icône la plus crainte de la région. Lorsque le Sang Froid et ses hommes mutilés par la rue arrivaient, les citées se vidaient. On les disait sans pitié et leur capitaine, figure de l’ombre, fascinait les imaginations les plus inquiètes.
Après une année d’esclandre, Andie au Sang Froid se retrouvait face à ses crimes, piégé par la marine sur un navire en feu. Quarante hommes étaient morts, on avait passé les menottes aux sept survivants et tous, même la dernière recrue, un gosse de quatorze ans, avaient, dans leur regard éteint, la résignation des condamnés. La suite de leurs aventures s’écrirait en prison, ils le savaient et il était trop tard pour regretter, comme on leur dirait au procès…
Une jeune fille blonde, retrouvée dans la cabine du capitaine pendant la bataille, se serrait en tremblant contre un jeune officier. Elle n’avait pas plus de seize ans et portait une robe d’excellente facture déchirée. L’officier avait vu le visage de la belle sur un avis de recherche quelques jours plus tôt. Léonora Jolicoeur, riche demoiselle dont le mariage était l’événement mondain le plus attendu de l’année, avait mystérieusement disparu après l’amarrage du Sang Froid au royaume d’Illusia. Les canailles ne se contentaient donc plus du menu fretin, voilà qu’ils enlevaient les filles de la noblesse pour prendre du bon temps… Leur bon goût lui avait au moins permis de sauver une véritable beauté. Il pressa une main sur son épaule d’un air bienveillant en espérant, sans trop se l’avouer, qu’elle saurait lui montrer sa reconnaissance.


Azriel La Mal Mort

La mort du Sang Froid

« Je n’arrive pas à croire qu’il soit mort ! Mieux vaut rester au lit que lire ça. » Léa jeta le journal contre la paroi de la cabine et rabattit un drap orangé sur sa tête. Azriel s’assit sur le matelas en ricanant.
« En voilà une belle excuse… Toi qui ne sors jamais de la cabine tant que le soleil n’est pas assez haut dans le ciel pour commencer à décliner… »
« Mais quelle idée de vivre le matin… Les matinées, ça ne devrait pas exister ! » Soupira-t-elle. « Et aucune journée ne devrait s’ouvrir sur une mauvaise nouvelle. »
« Moui… Andie au Sang Froid n’était qu’un petit jeune arrogant comme on en fait tant. A vrai dire, je suis même étonné qu’il ait pu rester en vie si longtemps. Vingt-deux ans, c’est un recors pour un capitaine pirate de sa trempe… »
La tête blonde de la jeune femme émergea soudain du lit. Elle tourna un regard mélancolique vers les rideaux brûlants de la chambre et souffla :
« Peut-être, mais je l’aimais bien. Il n’était pas si mauvais sous ses airs et, surtout, il a été le premier pirate à m’accepter à son bord. J’avais quinze ans à l’époque et… Tu veux connaître la suite ? »
« Bien sûr… »
Azriel quitta le matelas pour s’installer plus confortablement dans son grand fauteuil rouge. Léa s’était invitée sur son navire lors de la dernière escale à la suite d’une nuit particulièrement floue. Elle l’avait suivi le lendemain comme un membre de son équipage et il s’était dit qu’après tout, il serait idiot de refuser la belle Léa Crève-cœur si elle avait choisi d’élire domicile dans son lit jusqu’à la prochaine île. La Mal Mort avait pris l’habitude des filles de joie sans histoires et, pendant deux semaines, Léa lui avait présenté le visage d’un être sans passé ni futur. Il était étonnant qu’elle fût soudain prête à lui confier une parcelle de vie pour revenir aux origines mystérieuses de son entrée dans la piraterie…


Andie au Sang Froid

Des voyous sur la mer

Valravn - Kelling

« Comme tu le sais sans doute, il trouvait les membres de son équipage dans les bas quartiers, et, à ce moment, je ne fréquentais que des voyous. Tout ce que je voulais, c’était sortir de ce monde là, quitter ma ville et rencontrer des types un peu plus intéressants que ces petits caïds qui se battaient pour le contrôle dérisoire d’un quartier puant, enfin tu vois le genre… J’avais trouvé ça drôle au début, mais je m’en suis vite lassée. Alors je me suis mise à fréquenter les troquets des quais afin de trouver l’équipage idéal pour mon départ. Je n’avais pas envie de me retrouver embarquée sur l’esquif d’un guignol débutant qui se ferait couler au premier boulet de canon, et je n’avais pas non plus intérêt de tomber sur un capitaine répugnant qui aurait fait de moi un esclave sexuel. Andie était de loin le plus sympa de tous, pas le genre de type à chercher l’embrouille et, vois-tu, il m’a refusé à bord en me disant quelque chose comme « tu as un peu vu les mecs avec qui je voyage ? Si je t’embarque avec eux, ils vont devenir incontrôlables. » Je crois aussi qu’il m’a traitée de gamine qui ne connaissait décidément rien à la vie et c’est ce qui m’a évidemment incitée à le suivre. Je suis montée en douce dans la nuit et je te laisse imaginer sa tête lorsqu’il m’a découverte le lendemain matin…
Comme il n’était pas question de retourner sur l’île, nous avons passé un accord – que je n’avais pas l’intention de tenir – selon lequel je pourrais rester avec lui jusqu’à la prochaine escale. C’était en fait la seule faveur qu’il voulait bien m’accorder. Concernant les avances de son équipage ou ma protection en cas d’attaque, c’était à moi de me débrouiller. J’étais enchantée. Ce n’était pas la première fois que j’avais à m’imposer face à des petites brutes, j’ai beaucoup appris dans la rue. Ils sont sympas quand on les connait bien. Tu vas me dire que j’ai tendance à trouver tout le monde sympa… Et il est vrai, je l’avoue, qu’on m’attendrit assez facilement. Pour obtenir leur respect, il suffisait de s’imposer. Le numéro des gros bras, même quand on est une fille, c’est toujours utile. De toute manière, j’avais déjà gagné la complicité de tous les gros buveurs la veille du départ… J’aime bien les alcooliques pour ça. Il suffit de dire le plus grand bien de leur alcool préféré et les voilà qui t’offrent tournée sur tournée sans se rendre compte qu’ils sont les seuls à boire.
Non, finalement, cet équipage était plutôt mignon. Ils se sont mis à essayer de me séduire comme l’aurait fait n’importe quel adolescent normal et lorsque sous l’agacement pincé d’Andie j’ai commencé à déceler les premiers signes de la jalousie, je suis retournée vers lui. Ce n’était pas que je tenais absolument à m’en faire un amant, mais je n’avais nulle part où aller et il me fallait un navire pour prendre mes marques dans la piraterie. Officieusement, il m’a intégrée dans l’équipage à cause de mes vagues connaissances en médecine et parce que je n’étais pas mauvaise en combat. Seulement, je n’avais que mes poings et une force trop relative. Un de ses compagnons m’a appris à utiliser des nunchakus puisque je n’ai jamais été attirée par les armes tranchantes et je suis restée avec lui près de six mois il me semble… »
« C’est étonnant, je n’ai pourtant jamais entendu parler d’une femme dans l’équipage du Sang Froid… »
Le front de Léa s’obscurcit un instant. Mais elle retourna finalement un grand sourire à Azriel. Il devinait avec une pointe de contrariété ce que cette expression signifiait. La jeune fille allait éluder l’énigme par une explication trop simple pour être mise en doute.
« J’étais habillée comme un homme et pendant les assauts, nos ennemis avaient trop à penser pour s’occuper de considération physionomiques. Il n’était pas encore temps pour moi de me faire un nom, et l’heure n’est pas venue pour toi de connaître mes raisons. En tout cas, les marines ont fini par nous mettre dans l’impasse et j’ai été découverte. Quarante compagnons sont morts ce jour-là, je crois que je n’ai jamais vécu de moments aussi tristes que celui-ci… Quand j’ai senti que nous n’avions aucune chance de l’emporter, je me suis enfermée dans la cabine du capitaine pour passer une robe que je gardais dans l’éventuelle nécessité de me faire passer pour une fille du monde. Je l’ai déchirée et je me suis menottée au pied du lit. Lorsque les marines ont défoncé la porte, je n’ai eu besoin que de prendre un air pitoyable pour les convaincre. Après tous les compagnons que j’avais vu mourir devant mes yeux, ce n’était pas difficile… Leur sang avait giclé sur mon visage et sur mes mains. Ils ont pensé qu’Andie m’avait frappée avant leur attaque et se sont tout de suite vus comme de foutus héros. »
« Attend… Tu es bien en train de me parler du détournement de ce bateau de la marine qui a fait son petit scandale à West blue il y a trois ans ? »
« Si tu connais déjà l’histoire, je vois que je n’ai plus besoin de poursuivre. » Répliqua-t-elle sèchement en se levant du lit pour enfiler une chemise. Azriel leva les yeux au ciel. Il fallait que le récit s’interrompe à un passage charnier à cause de son impatience.
« Désolé d’avoir troublé ta narration… » Concéda-t-il.
« Bien, alors laisse-moi finir sans m’interrompre. » Elle s’appuya contre une armoire en croisant les bras. « Tu viens de gâcher une partie de mon effet, et j’ai horreur de ça. Quel est l’intérêt de raconter une histoire à un vil garnement qui s’amuse à en deviner la fin ? Maintenant que j’ai perdu le fil, je ne sais plus comment reprendre alors tant pis pour toi tu le raccord est mauvais et omet certains détails… Toujours est-il que nous étions neuf survivants. Le bateau avait brûlé, Andie et sept autres compagnons se sont fait enfermer dans une cabine hautement surveillée et moi, je suis restée avec l’officier qui pensait m’avoir sauvée. Je lui ai sorti le jeu de la fille traumatisée, comme tu dois t’en douter. Il était encore trop jeune et vulnérable pour ne pas tomber dans le panneau quand j’ai commencé à le traiter en héros comme la charmante écervelée qu’il s’attendait à conquérir.
Un verre de whisky plus tard et il se sentait en parfaite sécurité avec moi. Nous n’avions pas décidé de l’endroit où je pourrais passer la nuit et je sentais que cet homme était prêt à laisser sa conscience professionnelle de côté s’il pouvait me garder près de lui. Je lui ai laissé entendre que les pirates avaient abusé de moi et il n’en fallait pas plus pour lui faire oublier toutes les considérations qui étaient dues à une jeune fille de la noblesse. Un homme de plus ou de moins entre mes jambes, qu’est-ce que c’était finalement ? Je dirais pourtant que s’il y a eu un homme de trop dans ma vie, c’était bien celui-là. Si j’avais été aussi faible qu’il le pensait, quel aurait pu être mon état ? C’était écœurant. Je te passerai les détails de la suite, mais pour finir, je l’ai tué. Et je vois à ton sourire que ce sont là les détails qui t’intéressent le plus n’est-ce pas ? J’aurais pu régler ça rapidement, mais je tenais à ce qu’il voit au moins sa criminelle avant de rendre l’âme, c’était là l’idée la plus sensuelle de ma nuit…
J’ai profité de son sommeil pour l’attacher et le bâillonner. J’avais cette grosse aiguille en métal que je garde toujours dans ma coiffure ou à ma ceinture et que j’avais réussi à faire rouler sous le lit avant de me déshabiller. Je me suis mise à califourchon sur lui, j’ai posé l’aiguille au-dessus de son cœur, et j’ai appuyé très doucement pour lui laisser le temps de se réveiller. Son regard est passé de l’incompréhension à la panique et c’était… comment dire… adorable. Alors je lui ai gentiment expliqué la situation, je lui ai dit que j’étais pirate, qu’il allait mourir, qu’il ne pourrait s’en prendre qu’à lui, car il l’avait mérité, que j’allais délivrer mes compagnon, et que son équipage, déjà considérablement réduit et affaibli par la bataille serait soumis ou tué.
Il est mort, l’œil aussi hagard que celui d’une carpe. J’ai retiré l’aiguille doucement, pour ne pas faire sortir le sang – car j’ai une conscience professionnelle, moi – et j’ai pris les clés pour délivrer les autres en assommant quelques marines au passage. Andie pensait que je l’avais trahi, cet imbécile. Une autre bataille s’est engagée mais nous l’avons dominée sans problème cette fois. La plupart des marines sont passés par-dessus bord. Le capitaine a gardé les jeunes mousses avec lui car il refusait de tuer des enfants et pensait qu’il serait plus aisé de leur faire changer de camp. Au final, nous étions réduits au nombre de quatorze et, le temps que la marine s’aperçoive de la supercherie, nous avions eu le temps de redonner nos couleurs au navire. C’était une belle aventure, mais elle s’est arrêtée ici pour moi. Je n’avais pas d’affinité particulière avec Andie. C’était un brave type, je lui étais redevable et on peut dire que je l’ai largement dédommagé. Mince ! Tout ça pour qu’il claque bêtement moins de trois ans plus tard ! Les gens sont bien ingrats… »
Elle éclata soudain de rire et compléta sa tenue pour sortir sur le pont.



Retour aux vraies origines, l'enfance dorée

Bak XIII - We Are Alive

La brise était fraîche, un ciel d’azur dominait l’horizon et la mer était d’une platitude mortelle. Elle s’appuya sur le bord du navire en soupirant doucement. Il lui sembla que son souffle ridait la surface de l’eau et elle recommença plusieurs fois par jeu. Sa petite histoire omettait quelques éléments et elle se demanda si, malgré ce qu’elle tentait de faire croire, l’affaire eût été différente sans le nom de Léonora Jolicoeur. Probablement. Andie, tout comme Azriel, n’avait jamais rien su de ses origines. A force de fuir le manoir pour s’encanailler dans les bas quartiers, elle avait appris à se comporter comme une fille des rues, en piétinant à grande joie sa belle éducation. La grande mascarade avait commencé à douze ans, mais jouer les petites filles modèles, se comporter d’une manière « convenable » était une chose qu’elle avait toujours eu en horreur. N’était-ce pas affreux de se réveiller tous les jours dans une robe de dentelles rose avec pour seuls loisirs, des objets créés pour imiter la vie ennuyeuse des grandes dames ? Comment pouvait-on croire un seul instant que jouer à la dinette ou à la maman était quelque chose de drôle ? Les fillettes chez qui on l’amenait avaient pourtant l’air de trouver cela follement amusant. Et les parents aussi retenaient davantage l’image de la poupée que celle de l’enfant. Ils jouaient toujours, d’une certaine manière, et elle avait dû participer au jeu de son père pour ne pas lui faire trop de peine. C’était un homme plutôt seul depuis le départ de sa femme. Il répétait sans cesse, avec une insupportable mélancolie, que sa mère était quelqu’un de merveilleux. C’était sans doute vrai… puisqu’elle était partie.
C’était avec Justine, la fille d’une domestique, qu’elle avait noué sa première grande amitié. Elles avaient partagé leurs passions, leurs rêves, un soupçon d’amour et une folle ronde d’aventures. C’était quelque chose que ces escapades dans les rues malfamées ! Elles s’étaient faites de belles frayeurs la première fois. Puis, elles s’étaient entraînées à devenir plus fortes. Le professeur de danse avait, au prix de maints caprices, été remplacé par un professeur d’arts martiaux et, à quatorze ans, Léonora menait une double vie sous le nom de Léa, petite amie de la terreur de la ville, ce qui n’était pas rien ! (pour une adolescente de quatorze ans du moins). Or, cette existence avait très vite trouvé ses limites. Les guerres de clan des pauvres gens étaient d’une infinie vanité et son père s’était mis en tête de la fiancer pour ses seize ans. On ne pouvait imaginer plus chouette cadeau d’anniversaire ! L’idée d’approcher les pirates lui était venue à force de collectionner les avis de recherches des criminels les plus séduisants. Elle partirait en mer. Justine l’avait aidée à préparer son premier voyage. Elle s’était soudain mise à étudier la médecine avec un précepteur afin de se rendre réellement utile dans un équipage. C’était la seule discipline qui lui semblait digne d’intérêt : quoi de mieux qu’on rôle pour bichonner les hommes d’un bateau tout en s’amusant à les piquer, et recoudre comme de vulgaires poupées ? En tout cas, ça avait l’air plus drôle que la cuisine ou la navigation. Seulement, elle n’avait pas pu attendre. A quinze ans, elle se retrouvait à bord du navire d’Andie le Sang Froid et la suite, vous la connaissez…
Son père l’avait désespérément cherchée. Lorsque les marines l’avaient identifiée sur le bateau d’Andie, elle s’était aussitôt vue hors de danger. Sa disparition était avérée, il n’y avait absolument pas lieu de remettre en question son statut d’otage. Si les marines n’étaient pas devenus des témoins gênants, Léonara songeait qu’elle aurait peut-être demandé à l’équipage du Sang Froid de les épargner… Oui, elle ne se pardonnait pas tout à fait le massacre de tous ces hommes. La nécessité de garder un secret autorisait décidément les pires forfaits…
Elle s’était séparée d’Andie sur South Blue, sur un océan où son avis de recherche ne faisait pas la une de tous les journaux. Il y avait au royaume de Bliss un équipage que l’on disait issu de la noblesse. A quai, leur navire, un cuirassé noir veiné de rouge, faisait forte impression. Il n’y avait pourtant que cinq personnes à son bord. Ce chiffre eût été risible s’il n’y avait pas eu dans leurs regard un elle-ne-savait quoi qui inspirait à la fois le respect, la crainte et la sympathie…



A bord du galion noir

Corvus Corax - Ballade von Jean, Jacques und Nicolo

Journal de Léa :

Drôles de retrouvailles :

Quel genre de pirate oserait dresser un pavillon noir à l’effigie d’un crâne de dragon ? Il y avait de quoi rester sceptique. J’ai tout de suite songé à un gang de petits nobles vaguement rebelles qui invoqueraient le nom de leurs parents dès que les marines leur tomberaient dessus. Puis, je les ai vus à travers les fenêtres d’une auberge autour de laquelle tout le monde s’était attroupé. « Encore une provocation d’Eleazar… », Murmurait-on en désignant du regard le jeune homme qui se donnait en spectacle au milieu de la salle. Il faisait tourner un révolver entre ses doigts, ses yeux brillaient d’arrogance et je reconnus de suite un homme qui savait abuser de ses charmes avec grâce. Il portait une tunique élégante, une chemise à jabot, un chapeau à plume plein de prétention. Sa langue dardait je ne savais quelles saillies qui rendaient une table de loubards folle de rage. C’est lorsqu’un des gros bras a commencé à s’agiter qu’un autre protagoniste est entré en scène. D’abord, une hache est venue se planter dans le front de la brute et la foule de curieux s’est soudain dispersée en hurlant. « Maintenant que Joe la Hache s’en est mêlée, je ne donne pas cher de cette taverne » soupira un vieillard à mes côtés. Sacré numéro que cette Joe la Hache en vérité. Ce n’était rien d’autre qu’une adolescente rousse avec un bandana… et une hache énorme sur les épaules. Eleazar avait posé sur elle un regard furieux, et elle lui retournait un sourire crispé en lui assurant – semblait-il – qu’elle ne l’avait pas fait exprès. Assise au comptoir, une femme vêtue d’une robe noire et blanche et dont le visage s’ombrait sous un chapeau de tulle riait dans sa main. Personne ne connaissait son nom, elle se faisait appeler – très modestement – La Marquise.
Le capitaine quitta sa chaise sans lever un regard vers les hommes qui menaçaient son équipage. C’était un garçon brun à peine plus âgé que moi dont la tenue était d’aussi belle facture que celle d’Eleazar, mais plus discrète. Il appela une femme en kimono et se dirigea vers la sortie. Le dernier membre de l’équipage – Akira – tira un katana de son fourreau et il n’y eu bientôt plus personne pour couper la route aux pirates. Je n’ai jamais pensé que l’équipage d’Andie pourrait aller très loin. Ces nobles rebelles, en revanche, dégageaient une force qui justifiait pleinement la provocation ouverte de leur drapeau. S’ils le veulent, je suis sûre qu’un bel avenir les attend.
Mon cœur s’est arrêté lorsque le capitaine a levé son visage. Je me suis retrouvée traînée vers des souvenirs lointains où un insupportable garnement d’une famille princière s’appliquait à ruiner la cérémonie de fiançailles de sa cousine. J’avais rejoint la résistance sous la table avec lui et j’ai découvert à quel point une fête mondaine pouvait devenir amusante lorsque les plats de crème anglaise se renversaient sur les demoiselles et que les jeunes premiers trébuchaient sur des carrelages brisés.
« Yizhak ! » Le nom m’a échappé. J’ai vu son regard, durci par la rixe de comptoir, passer des ténèbres à la lumière. Je ne pensais pas qu’il me reconnaitrait.
« Alors toujours en fuite ? » M’a-t-il lancé sur un ton primesautier comme si nous avions passé les six dernières années de nos vies ensemble. « ça fait un bail ! J’étais sûr que tu ne t’étais pas fait enlevée. Qu’est-ce que tu fiches-là ? »
Et j’ai simplement répondu : « Je suis à la recherche d’un équipage. »


Joe la Hache ...................................... Eleazar, disciple d'Erys ........................ Yizhak, prince en cavale

La belle famille du galion noir :
Quatre mois ont passé depuis mon départ à bord du galion noir et je commence à comprendre ces pirates qui voient leur équipage comme une seule et vraie famille. Je me sens bien ici. Malgré ses sautes d’humeurs fréquentes, et une certaine difficulté à rester sérieux lorsque la situation ne l’exige pas, Yizhak est excellent capitaine. C’est un homme droit et franc, un bon stratège que rien ne pourrait démonter. Nous savons que nous pouvons nous fier aveuglément à lui. Son seul véritable défaut réside peut-être dans sa tendance à draguer les mêmes hommes que moi. Joe la Hache dit que cette rivalité nous rend particulièrement insupportables les soirs de fête. Mais qu’en sait-elle après tout ? En voilà une qui ronchonne beaucoup mais qui n’est jamais assez lucide pour marcher droit. Je ne sais combien de litres de rhum elle peut engloutir en une journée. C’est le seul membre qui ne soit pas issu d’une famille riche et, curieusement, elle doit sa présence sur le navire à Eleazar. Je dis « curieusement » parce que ces deux là sont comme chien et chat. Ils passent leur temps à se chamailler et il vaut mieux ne pas rester dans les parages lorsqu’une dispute éclate car il y aura toujours une balle ou une hachette pour siffler près de votre oreille. En général, leurs altercations sont les éléments déclencheurs des batailles de taverne. Et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, Yizhak envenime toutes les situations qu’il essaye d’apaiser. C’est qu’il a le sang chaud notre capitaine. Dès que des types l’énervent, il répond aux provocations et rien ne le satisfait plus que mettre une « branlée à des connards » pour reprendre ses mots. Eleazar réagit d’une manière à peu près inverse. Il semble que rien n’arrive à le toucher vraiment. Il pousse n’importe qui à bout par jeu et, lorsque la situation dégénère, il se retire pour contempler avec un verre de vin ou d’absinthe le joyeux chaos qu’il vient de créer.
Je crois que sans La Marquise, notre voyage ne nous aurait pas porté très loin. Au début, nous ne pensions qu’à nous amuser et cette étrange femme nous laissait faire en riant. Puis, elle se liait d’amitié avec quelques érudits, séduisait une ou deux jeune fille et disparaissait… pour nous tirer du lit à des heures abominables (c'est-à-dire avant midi) et annoncer notre prochain cap. C’est la navigatrice et la savante de l’équipage, un personnage aux objectifs flous, qui a une passion quelque peu terrifiante pour les armes blanches. Elle dissimule tellement de couteaux sous ses robes qu’elle est désormais redoutée sous le nom de « La Marquise aux cents lames ». Mis à part cela, c’est une femme charmante pour qui j’ai toujours eu beaucoup de respect.
Akira est quand à lui un compagnon silencieux. C’était un homme en réalité, mais je crois qu’il (ou elle) a un immense problème avec son identité. Nous ne savons jamais très bien en quels termes le désigner. Tantôt le pronom féminin lui convient, tantôt son regard vous fait comprendre qu’il se sent insulté. J’ai beaucoup de mal à l’approcher, même si les autres assurent que c’est une personne adorable lorsqu’on sait comment la prendre. Mais je reconnais qu’il occupe une place indispensable sur ce navire. Il est souvent capable de faire la différence dans une bataille contre un équipage à un niveau à peu près égal. Je dirais que sa force est assez proche de celle de notre capitaine.


La marquise aux cent lames .................... Akira, Silent Ladyboy

Alice in videoland - We are Rebels

Un cuisinier rejoint l’équipage !
Lassés de manger la viande grillée de Joe la Hache, Yizhak et Eleazar se sont mis en tête de trouver un nouveau cuisinier. Personne n’y voyait d’inconvénient mis à part Joe qui s’est montrée très vexée (après avoir passé six mois à nous servir des menus à bas de steacks trop cuits pour « rendre service » en affirmant qu’elle ne savait pas cuisiner, je ne saisis pas très bien l’objet de sa contrariété). Comme notre capitaine ne fait jamais les choses à moitié, il a fallu organiser un concours de cuisine dans une ville portuaire afin d’élire un nouveau compagnon. Autant dire que ce fut un échec. Nous n’étions pas assez connus pour attirer les foules, et les quelques gamins intéressés par la piraterie ne savaient pas plus cuisiner que nous.
Nous commencions à désespérer lorsqu’un gamin aux cheveux blancs et à la bouille d’ange est arrivé en tirant derrière lui une forêt noire absolument succulente. Il l’avait décorée d’écureuil en pâte d’amande et c’est à peu près tout ce qu’a retenu Yizhak pour l’engager. L’entretien d’embauche a tenu à « J’adooore le petits animaux, ils sont trop bien faits ! Ohlala j’ai presque honte de le manger mais c’est tellement boon ! Tu t’appelles comment ? Anaeru ? Bien sûr que tu peux venir avec nous ! ». Même si je pourrais reprocher au capitaine d’avoir pris cette affaire à la légère, je dois avouer qu’il était difficile de résister à un gamin aussi mignon. C’était un pauvre gosse, un enfant non souhaité, rejeté par sa mère et par son village qui survivait tant bien que mal en travaillant pour un vieux pâtissier qui menaçait de le mettre à la porte. Je crois que nous n’aurions pas eu le cœur assez aride pour le laisser…
Anaeru nous avait promis un dîner exceptionnel pour célébrer son arrivée et nous l’avons laissé à l’ouvrage en attendant notre premier véritable repas à bord du galion noir avec une certaine impatience. L’idée du plateau de cupcakes en entrée était plutôt amusante, mais lorsque nous avons vu arriver un framboisier à la place du plat de résistance, Yizhak a dit qu’il ne voulait pas d’un dessert maintenant et souhaitait commencer le dîner. « Mais ce n’est pas ça le dessert ! » s’est exclamé Anaeru sans comprendre en ouvrant de grands yeux perplexes. « Parce qu’il y a un autre dessert ? », a demandé le capitaine d’une voix blanche. Et Anaeru de répondre : « Mais oui, j’ai fait des cookies ! ». Joe la Hache a explosé : « Et tu appelles ça un repas ?? On t’a pas engagé pour ouvrir un salon de thé espèce de gros débile ! Je veux de la viande dans du jus de sang ! ». Face à un gamin aussi limité, Eleazar a formé une alliance avec Joe pour appuyer ses plaintes et j’ai essayé de calmer notre nouvelle recrue sur le point de fondre en larmes en lui faisant remarquer qu’on ne pouvait pas se nourrir exclusivement de gâteaux. J’ai renoncé lorsqu’il m’a regardé bêtement en me disant « ah bon ? ». Il n’y avait que La Marquise pour se laisser aller au fou rire.
Résultat, nous avons trouvé un pâtissier et nous continuons à suivre les régimes sur-protéinés de Joe qui a promis de varier ses menus… Nous l’avons donc envoyée au marché ce matin, et elle est revenue avec trois caisses d’œufs en jurant à Anaeru de lui trancher la main s’il les lui piquait pour faire ses « cupcakes à la con ».
Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve mais je sens que l’ambiance n’est pas prête de tomber à bord, et je rejoins finalement La Marquise dans le rire !


Anaeru, souffre douleur de l'équipage <3

Le temps des adieux :
Tout a une fin et surtout les plus belles choses. Après un an à voguer sur les quatre océans, nous avions fini par nous faire un nom, une place dans le monde de la piraterie. Il y a eu des moments légers, des coups durs, des combats où la mort nous a frôlé de très près, mais nous avons survécu et sommes devenus plus forts. Je suis convaincue qu’Yizhak aurait pu nous mener très loin, nous étions prêts à entrer sur Grand Line mais, ce que nous avons vu au cours de nos voyages lui a finalement donné le sentiment de faire fausse route. Notre statut de hors-la-loi nous a souvent confrontés aux magouilles scandaleuses du gouvernement et je ne vois encore dire d’une voix sombre « On sait mieux que quiconque ce qui se passe, c’est pour ça que nous sommes devenus pirates non ? Tu peux raser un village si tu veux, ça passe, mais aide un esclave, et la marine se souviendra soudain que tu as rasé un village. Nous n’avons rien fait de tel évidemment, mais au final, on lui rend bien service à ce gouvernement tu ne trouves pas ? Leur chasse aux pirates, c’est une bonne excuse pour endormir les masses. J’ai l’impression jouer avec un ennemi dans un camp d’alliés, ça me dégoûte. » Il exprimait cruellement ce que j’avais toujours pensé, mais je ne voulais pas m’en mêler. Pourquoi ? Je reconnais que je n’ai pas d’arguments à donner. Songer que je devrais abandonner cette vie de plaisirs pour me lancer dans une guerilla me fait juste trop mal au cœur. Si c’est de l’égoïsme je l’assume pleinement. J’ai dit à Yizhak que je comprenais son point de vue, mais que je ne le suivrais pas. Eleazar est parti avec Akira et Joe la Hache en estimant que si les gens étaient trop bêtes pour se révolter eux-mêmes, ils méritaient ce qui leur arrivait, ce n’était pas à des pirates de s’en mêler. Je ne les ai pas suivi non plus sur le nouvel équipage qu’ils envisageaient de former. Pour moi, Yizhak et La Marquise étaient comme un père et une mère sur le galion noir. Sans eux, notre belle famille n’avait plus aucun sens. La Marquise est partie avec le capitaine en emportant avec elle Anaeru qu’elle avait pris sous son aile. Me voici à nouveau seule et sans équipage… J’ai réussi à rejoindre Azriel, un pirate qui revient de Grand Line et je pense rester avec lui quelques temps. Je ne sais plus très bien où se situent mes désirs à présents. Mais il y aura un nouveau départ, j’en suis certaine.

Retour au présent, à l’aube d’une nouvelle aventure
Logue Town, quelques jours plus tôt

Sa situation n’avait jamais été plus désespérée. Après un combat contre la montre pour empêcher la capture d’Azriel, elle était découverte et le navire avait quitté le port. Puisqu’il ne s’était douté de rien, il s’imaginait probablement qu’elle l’avait abandonné, comme tous les autres. C’était mieux ainsi. Elle commençait à s’attacher. Un triste sourire se dessina sur ses lèvres. Au moins, il était sauf, songea-t-elle en se glissant dans une étroite venelle. La marine avait reporté toutes ses forces sur la capture de Léa Crève-cœur. Il aurait le temps de quitter Est Blue, quand à elle… Elle n’était pas certaine de quitter cette ville vivante. Il faudrait bien trouver une solution pourtant, elle avait l’habitude de se dissimuler là où on ne s’attendait pas à la trouver. Cependant, elle ne serait plus en sécurité nulle part maintenant qu’elle avait affronté la marine à visage découvert. Il lui fallait un intégrer un équipage en mesure d’assurer sa protection.


Un dernier mot pour la fin
Caractère partie II


KMFDM - Take it like a man!

Il serait difficile de décrire le tempérament de Léa puisque celui-ci n’obéit à aucune logique connue et qu’elle serait bien incapable elle-même de vous dire quel genre de personne elle est. Pour conclure cette fiche, nous nous contenterons donc d’une présentation sommaire qui devrait – je l’espère – confirmer le portrait esquissé au fil de ses aventures…
Léa est un esprit libre qui ne se laisse jamais influencer ou diriger. Elle fait ce qu’elle pense bon, suit les personnes les plus proches de sa sensibilité. Si ses actions se contredisent parfois, il faut simplement considérer qu’elle ne s’est jamais donné aucune ligne de conduite. Elle dit ne pas avoir de sens de la justice et se prétend incapable de différencier le bien du mal. Mais, s’il fallait se poser entre l’enfer et le paradis, elle choisirait le brasier de l’enfer, le jeu à la charité. C’est une alliée précieuse tant qu’elle vous réserve une place dans son cœur. Et, même si son tempérament volage n’en laisse rien paraître, son cœur est assez grand pour chérir une vingtaine d’amants. Il faut se montrer particulièrement exécrable pour renverser ses sentiments. Léa n’est pas d’un tempérament changeant, bien au contraire et le contraste entre son caractère et son attitude créent un mystère plutôt infondé autour d’elle.
Sa mauvaise réputation vient cependant en grande partie de son talent pour embobiner ses ennemis. Elle ment très bien et il est très difficile de démêler le vrai du faux lorsqu’elle a décidé de vous tromper. Mais, si vous entretenez avec elle un rapport dénué d’ambigüité, il ne restera plus qu’une jeune femme simple et franche, toujours prête à sourire, à plaisanter et à trouver du positif dans la plus sombre noirceur.
Léa aime la vie, la vie qui file à une vitesse vertigineuse, qui se traverse au pas de course, sans arrêt contemplatif inutile. Elle n’aspire qu’au bonheur. Il émane d’elle une énergie qui porte naturellement les autres vers elle. Sociale, elle aime s’entourer et se montre toujours très attentionnée envers ceux qui pénètrent son petit cocon. Son entourage n’a tout simplement pas le droit de sombrer dans la morosité. Sa plus grande faiblesse touche sans doute sa sensibilité. Ce n’est pas que Léa se laisse facilement émouvoir – il en faut beaucoup pour la démonter – mais elle ne supporte pas la tristesse des autres. Elle sait cependant se montrer ferme et reste généralement sourde aux appels désespérés des amants qu’elle a laissé. C’est pour éviter de recueillir tous les malheureux qui croisent son chemin qu’elle continue à rire avec une apparente indifférence. Il y a un cynisme bien caché derrière son éternelle bonne humeur. Apprendre à ne se soucier de rien est un excellent moyen de garder sa liberté.


• Pseudo : Unity
•Age : 22 ans
• Vos manga préféré : One Piece bien sûr, Vinland Saga, Get Backers, Death Note
• Aime : Pour faire simple je dirais ... Littérature, alcool, concerts (trinité sacrée Smile)
• N'aime pas : Qu'on vienne me parler de moralité ou de normalité.
• Comment avez vous connu le forum ? : Tout simplement en cherchant un forum One Piece sur google.
• Comment trouvez vous le forum ? : Un joli design, des gens sympa, et un bon niveau sans prise de tête, ça m'a l'air cool tout ça. : )
• Avez vous lu le règlement ? Le seul règlement que je me sois donné la peine de lire c'est le Code des Pirates : o (... mais ouiiii et j'ai même lu tous les sujets hors jeu !)


Dernière édition par Léa Crève-coeur le Mer 26 Oct - 15:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Léa Crève-coeur    Mer 26 Oct - 15:38

[center]Qualité : 5/6
Description physique 1,5/1,5
Description morale 1/1,5
Histoire 2,5/3


Quantité : 5,5/6
Description physique 1,5/1,5
Description morale 1/1,5 un tout petit peu moins long que le reste mais c'est pas bien grave
Histoire 3/3


Autre : 7,5/8
Français 3/3
Mise en page 1,5/2 On peut voir un effort au niveau de la mise en page notamment grâce au image et au musique
Avis personnel 1/1
Originalité 2/2


Niveau 18 Enjoy cheers bienvenue chez les pirates

Demande d'ajout de niveau, de couleur ainsi que d'icone relatif a son camp merci
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Léa Crève-coeur

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