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 Len Nuvola [Finie]

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Len Nuvola

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Date d'inscription : 11/06/2012

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MessageSujet: Len Nuvola [Finie]   Dim 17 Juin - 14:54


Présentation de "Len Nuvola"




Nom : Nuvola
Prénom : Len
Surnom : J'ai oublié de réfléchir à ce détail... = (
Age : 20 ans
Sexe : Masculin
Lieu de Naissance : Sur une île quelconque de SouthBlue
Camp : Marine
Race : Humain
Grade : Agent du CP9
Métier : Spécialiste de l'espionnage et de la prise d'information.
FDD/Arme : J'aurais aimé utilisé le Fruit Kilo Kilo. Cependant, pour éviter le grobillisme, je peux tout à fait m'en passer et me contenter du sixième style ( c'est déjà beaucoup). A vous de voir.
But / rêve : Len souhaiterait un monde plus juste. Il à pour objectif d'abolir un jour l'esclavage.

[Il serait préférable de lire l'Histoire en première pour mieux comprendre les descriptions. =) Désolé également pour la mise en page foireuse...j'ai visiblempent des problèmes avec mon navigateur, il m'a viré la majorité des codes du modele. Bref, merci d'avance pour le temps que vous passerez sur cette prez, et bonne chance ! ]


Descriptions



Physique


Dans la nuit dansait une ombre. Discrète, elle ne cherchait pas la lumière des lanternes. Seule la douce lueur de la lune avait le pouvoir d'apaiser son âme. La haut, sur les toits lui servant de pavés, elle bondissait de tuiles en cheminées et parfois, un passant levant les yeux l'apercevait.

Souvent emmitouflée dans une cape terne dont la capuche abaissée dissimulait ses traits, il n'était pas évident de cerner d'un regard l'apparence de Len. Il semblait grand, ou peut-être élancé. Sa minceur apparente n'était toutefois qu'un trompe l’œil, un mirage enfanté par la finesse de son cou. Sous les couches de vêtements le protégeant du froid nocturne, Len possédait la musculature aérienne d'un athlète entraîné depuis l'enfance à toutes sortes de défis physiques. Nul ne pouvait traverser plusieurs mètres d'un gouffre séparant deux immeubles sans une puissance convenable dans les jambes. Nul ne devait s'atteler à l'escalade d'une falaise battue par les vents sans être certain d'avoir l'endurance nécessaire pour en atteindre le sommet. Ainsi, Len ne détenait pas la force herculéenne des guerriers maniant le sabre ou la hache, mais s'était forgé un corps souple et léger capable de répondre à la moindre de ses demandes. « Un Dansebrume n'est qu'harmonie ». Chacun des pas de Len était une caresse destinée au sol, chacun de ses mouvements une flèche perçant sans bruit l'obscurité. Les ténèbres étaient son univers. Cependant, la nuit n'était pas éternelle et sous les rayons chauds du soleil, Len prenait l'apparence d'un souffle de vent. Se camouflant dans les foules, il glissait entre les passants, ne fixant rien ni personne, trouvant son bonheur dans sa capacité à se faire oublier. La taille ou la corpulence n'avaient rien à voir dans la faculté d'attirer ou non l'attention. Chaque Dansebrume apprenait à bouger sans brusquerie, à se mouvoir sans un bruit avec la douceur d'un soupir. Len était une ombre dans la nuit et devenait murmure quand arrivait l'aube.

Ce désir d'intimité se traduisait par ailleurs dans les choix vestimentaires du jeune homme. L'art du camouflage ne se réduisait pas à se vêtir d'une cape sombre par dessus ses habits. Qui ne remarquerait pas un personnage couvert de pareil accessoire au milieu d'une rue fréquentée lors d'une matinée estivale ? Len était un agent du gouvernement doublé d'un Dansebrume, il s'était dérobé toute son existence aux regards des curieux en s'adaptant sans cesse à son milieu. Terrer sous de sombres accoutrements lors de ses sorties noctambules, il se fondait alors dans les ombres pour ne réapparaître que lorsque la lune espiègle l’inondait de sa pâle clarté. Vêtu de gris pas temps pluvieux, de rouge ou de bleu sous un ciel d'azur, Len savait apprivoiser les ambiances et les décors, dansant avec eux dans une valse de couleurs chaudes ou blêmes. Le camouflage était également un jeu d'acteur. Habillé d'un costume chic, Len pouvait mimer l'allure d'un aristocrate pour se fondre dans un bal mondain. Équipé d'une paire de gants en caoutchouc, il pouvait hurler tel un poissonnier et se faire passer pour l'enfant d'un pêcheur. C'était parfois en faisant le tapage le plus indécent qu'on était le moins écouté. En somme, Len avait appris à maquiller sa présence en usant de dizaines de costumes dont il s’imprégnait pour devenir ce qu'il souhaitait. Ce qu'il ne pouvait cependant pas dissimuler trônait sous les yeux de chaque promeneur qu'il croisait. Jamais il ne pourrait véritablement modifier son visage.

Particulièrement fin, on pouvait qualifier ce dernier de féminin. Len ne possédait en effet pas le menton carré apprécié des jeunes filles ou les traits légèrement rustres intimidant les enfants. Âgé de vingt ans, il n'en paraissait que seize. Sa peau était lisse, d'un rose très pâle, décorée ça et là de discrètes tâches de rousseur qui se révélaient sous la chaleur du soleil. Trônant au centre de son minois juvénile, un nez droit et fin caressait une bouche songeuse dont les minces lèvres semblaient figer en une expression neutre. Lorsqu'elles s'étiraient toutefois et formaient un sourire, elles creusaient dans les joues blêmes de Len des sillons lui donnant le charme innocent d'un bambin riant aux éclats. Éclairant ces traits comme les flammes d'un âtre dans une pièce sombre, deux yeux sincères d'une étrange teinte dorée venaient compléter ce portrait. Véritable vitrine sur l'esprit de Len, on y percevait la malice et la nonchalance, la bonté et la colère. Enfin, battus par les éléments et coiffée de temps à autre par une main baladeuse, une crinière aussi sombre que la nuit trônait au dessus de son visage, cascadant et ondulant au gré des vents dans une anarchie rarement bridée. En somme, il était évident que loin d'être disgracieux Len possédait une beauté singulière, et si cette dernière lui attirait de temps à autre les faveurs d'une amante, c 'était davantage la franchise de son regard qui menait les gens à lui.

Morale


Façonné par les principes, la culture ou encore les mœurs, chaque individu quel que soit son lieu de naissance se retrouvait enfermé dès le plus jeune âge dans une prison morale dont il était difficile de s'évader. Pour rendre les murs de cette cellule moins opaques, chaque Dansebrume enseignait à son apprenti quelques préceptes qui lui serviraient de guide.

« Ne jamais se fier à ses yeux. Observer avec la raison » Il était naturel mais illégitime de juger d'un seul regard. C'était pourtant ce que tout le monde avait toujours fait. Len, fort de son apprentissage, s'efforçait d'éviter les raccourcis, de brider son instinct lorsque celui-ci obscurcissait son jugement. Il tentait de respecter chaque personne qu'il croisait, du simple tavernier à l'aristocrate fortuné. Ainsi, le jeune agent avait découvert que le monde qu'il trouvait si vaste était habité par une population plus incroyable encore. Chaque individu méritait qu'on s’intéresse à lui, du soûlard habité par le chagrin d'avoir perdu son épouse au médecin dispensant gratuitement ses soins en souvenir de la souffrance d'une maladie l'ayant frappé plus jeune. Ne pas juger. Comprendre. L'existence n'était qu'une suite de péripéties qui nous modelaient et nous transformaient à chaque instant. Qui était-on pour juger un homme sans connaître son histoire ? De quel droit décidions-nous de la valeur d'une femme à la façon dont elle menait sa vie ? Toutes ces questions tourbillonnaient sans interruption dans l'esprit de Len qui en arrivaient toutefois constamment à la même conclusion : on pouvait comprendre, mais on ne pouvait pas toujours pardonner.

Le garçon était habité par un sentiment de justice qui supplantait tous les autres. Peut-être que cet ivrogne giflant avec force la fille qui le repoussait avait énormément souffert pour en arriver à cette indécence, mais ça ne lui donnait pas pour autant le droit d'agir de la sorte. Personne ne naissait cruel ou violent. La vie nous façonnait ainsi. Néanmoins, chacun était responsable dans une certaine mesure de ses choix et lorsqu'une personne en arrivait finalement à contrarier l'existence des autres, alors la compréhension devait laisser sa place à la condamnation. Ce qui séparait Len du commun des hommes était sa capacité à choisir avec intelligence le moment ou basculer de l'une à l'autre et d'appliquer immédiatement la sanction qu'il pensait être juste. Un poivrot trop soûle pour saisir que vandaliser une taverne n'était pas convenable ne méritait qu'une nuit entre quatre murs afin de retrouver sa sobriété. Un bagarreur dégageant un poignard de sa ceinture et menaçant son adversaire réclamait toutefois moins de clémence et seul les travaux forcés pouvaient lui enseigner qu'il n'était pas acceptable de menacer la vie d'autrui sans réelle raison. Aussi, la sanction de mort ne devait être dispensée qu'en cas de cruauté extrême. Len avait la certitude que chacun pouvait changer et que la peine capitale était rarement justifiable. Ces valeurs faisaient de lui un paria parmi le agents gouvernementaux. Celui qu'on avait former à l'assassinat refusait à présent d’abattre ses cibles sans raisons recevables. Pourtant, personne n'aurait penser à l'évincer. Ses autres qualités le rendaient en effet primordial pour l'accomplissement de missions moins sanglantes.

La capacité de Len à s'intégrer dans n'importe quel milieu faisait de lui un espion de grande qualité. Outre son habileté à se déguiser et l'inventivité de ses fausses identités, le garçon était si courtois et avenant que jamais personne ne craignait sa présence. Adroit comédien lorsqu'il donnait des détails de ses vies fallacieuses, Len n'en restait pas moins parfaitement honnête le reste du temps. Ainsi, jacassant sans discontinuer avec la sincérité d'un enfant, il amassait les foules amicales et, sans les contraindre, récupéraient des badauds nombre d'informations utiles à ses missions. Len aimait parler et adorait écouter. Son intérêt se portait sur tout et sur rien. Les histoires drôles l'amusaient et les chansons l'émouvaient. Il possédait une imagination telle que chaque conte exaltait son esprit, que chaque anecdote prenait vie en lui. Pour tout cela, Len avait nombre d'amis. Et pour tout cela, il avait au moins autant d'ennemis. Nul ne pouvait jamais faire l'unanimité. Tous n'appréciaient pas la virtuosité de ses paroles, tous ne goûtaient pas la popularité soudaine d'un étranger. Certains voyaient dans ces yeux brillant d'honnêteté une imposture destinés à tromper les naïfs. D'autres également ne voyaient pas d'un bon œil l'esprit justicier d'un inconnu qui cherchait sans cesse à rétablir l'ordre loin de chez lui. En fait, il y avaient ceux qui avaient la capacité de faire confiance et ceux qui ne l'avaient pas. Len avait lui choisi son camp bien des années auparavant, le jour ou un homme étrange lui avait expliqué que personne ne pouvait changer quoique que ce plonger dans l'isolement.


Histoire



La lune était pleine, la nuit magnifique. La brume s'était levée en même temps que l'astre blanc, divagant avec paresse dans les rues et ruelles de la citée endormie. Sale et ciselée à la lumière du jour, la ville paraissait féerique dans l'obscurité, les angles et arrêtes des bâtiments adoucis par l'épaisseur du brouillard. Profitant du laxisme des surveillants, le garçon quitta l'orphelinat, disparaissant en un instant dans le linceul de brume. Il courrait, riait, dansait. Accroupi sur le toit d'une construction de trois étages, je l'observais s'épanouir et découvrir les joies de la liberté. Comme attirée par son enthousiasme, la brume semblait vouloir jouer avec lui, tourbillonnant autour de ses membres, caressant tendrement ses joues rougies par le froid nocturne. Portée par cette amie intangible, l'enfant ne semblait pas vouloir s'arrêter de courir. La grâce l'enveloppait tandis qu'il sautillait de pavés en pavés, évitant les marres d'eau invisibles et jouant avec les bourrasques de vent hivernales. Jamais il ne pénétrait dans la lumière émanant des quelques lanternes éclairant les rues. Son univers était composé d'ombres. Il était une ombre.

Malgré sa course folle, je n'avais pas de mal à le suivre. Les toits étaient une route aussi sûre que les voies pavées des hommes. Moins encombrée, baignant dans la douce lumière de la lune, la rue-près-du-ciel était le territoire des artistes et des voleurs, des acrobates et des prédateurs. Bondissant de toit en toit, silencieuse et invisible, je ne perdais pas de vue l'enfant. Depuis trois nuit, je l'observais et le suivais. Morose et muet le jour, il devenait bonheur la nuit. Tous les soirs, il échappait aux yeux du gardien et s'enfuyait dans les ombres, riant et galopant dans des directions irréfléchies. Sous le regard amusé de la lune, la citée devenait sienne, le monde devenait sien. Ne pouvant empêcher mes lèvres de se relever dans les coins, je décidai finalement d'intervenir. Je ne pouvais laisser cet enfant prisonnier plus longtemps d'une société qui ne le comprendrait jamais. Prenant mon envol, je parcouru la distance me séparant du sol en une gracieuse courbe, atterrissant sans bruit ou presque à quelques pas du garçon. Il s'était arrêté un instant afin de reprendre son souffle et semblait particulièrement intéressé par une escargot traversant à grand peine la sombre ruelle. Levant vers moi ses yeux d'or, il ne sembla pas inquiét de ma soudaine apparition.


- Quel âge as-tu petit ?

- Sept ans.

- Quel est ton nom ?

- Len

- Len comment ?

- Len tout court. Je n'ai pas de parents.

- Tu voudrais m'accompagner Len ? Je pourrais t'emmener loin d'ici, nul part et partout à la fois. Je pourrais te rendre libre. Je t'enseignerais la Voie et comme ce soir, tu pourrais courir et jouer toute la journée et toute la nuit.

- Tu t'appelles comment ?

- Elea. Elea Nuvola. Elea la Dansebrume.

Je lui tendis la main, promettant avec les yeux que jamais je ne lui mentirai. Il me cru. Sa petite moufle se perdit dans mes doigts et nos cœurs se fondirent l'un dans l'autre. Le pacte était scellé. Len. Len Nuvola. Len, apprenti Dansebrume.


********************** **********************
Jour et nuit, il me suivait. Lorsque je descendais dans une cave sombre et poisseuse, il me suivait. Lorsque j'escaladais un chêne ou un immeuble, il me suivait. « Le disciple n'a qu'un désir : la liberté. Le Dansebrume est la liberté. Le disciple suit donc le Dansebrume. » Sans le savoir, Len avait toujours attendu le jour ou la liberté le trouverait. Incapable de la rechercher lui même, pouvant seulement y goûter la nuit alors qu'il s'évadait de l'orphelinat qui l'avait vu grandir, Len avait su dès le premier instant que j'étais le guide, son guide. Il était impossible pour lui de formuler des pensées aussi complexes. Je les devinais pourtant, car à son âge mon maître m'avait trouvé et comme Len, je m'étais abandonné à lui. Depuis trois ans déjà, il me suivait. Qu'il y parvienne était la preuve que j'avais vu juste. Dans ses veines coulait le sang d'un Dansebrume. « Un maître, un apprenti. Le Dansebrume peut enseigner la Voie plusieurs fois, mais ne peut posséder qu'un apprenti. La Voie ne doit pas créer la compétition car la jalousie écrase les sentiments nécessaire à sa poursuite. »

Les Dansebrumes n'étaient pas une guilde au sens propre du terme. Ils formaient une confrérie unie autour du respect de la Voie. « Harmonie et liberté. » Chaque Dansebrume respectait ces principes fondamentaux et l'enseignait à son apprenti. Nous étions libres. Aucun règlement n'avaient de prise sur nous. Aux quatre coins du monde, des Dansebrumes bondissaient sur des toits, escaladaient des montages enneigées, écoutaient le vent. Certains tombaient amoureux et découvraient d'autres formes de liberté. Certains s'engageaient naviguaient sur des navires et se faisaient appeler marines ou pirates. Nulle contrainte n'était imposée aux Dansebrumes. Chacun suivait la Voie à sa façon, sans crainte du jugement des autres. J'avais pour ma part décider de vagabonder. Le monde était si vaste et la vie si courte. Je voulais découvrir l'univers, voyager d'une mer à l'autre, gravir chaque sommet de chaque chaîne montagneuse. Je voulais goûter la neige de tous les glaciers, caresser le sable de toutes les côtes. Len, lui, me suivait. Il me suivait car comme moi, il souhaitait à la fois tout et rien. Il me suivait car dans ses rêves, il se voyait danser dans le vent. Il me suivait car il voulait devenir Dansebrume.


- Ou va-t-on à présent ?

- Nous allons rencontrer les autres.

- Les autres ?

- Oui. Les Dansebrumes.


********************** **********************
Une fois par an, le dernier jour du mois de Septembre, les Dansebrumes se réunissaient. J'avais boudé le rassemblement les trois dernières années pour préparer Len à la cérémonie. A cette réunion n'étaient en effet conviés que les membres de l'ordre. Ceux qui ne l'étaient pas officiellement devaient prouver leur valeur devant la confrérie. Cette épreuve s'appelait la Révélation. L'apprenti qui n'était pas reconnu était banni, arraché à son maître et n'aurait plus jamais l'occasion de retenter sa chance.

Le sanctuaire ou avait lieu le rassemblement se situait au centre d'une forêt de chênes et de hêtres dont certains étaient millénaires. La masse verte couvrait la totalité d'une grande île désertée par l'homme. Seuls quelques contrebandiers et aventuriers avaient le courage de pénétrer dans ces bois que les rumeurs disaient maudits et sauvages. Pour me rassurer sur la qualité de mon apprenti autant que pour l'occuper et l’empêcher de trop réfléchir, je le défiai de ne pas toucher une seule fois le sol de la forêt jusqu'à ce qu'on arrive. « Le Dansebrume est comme une brise dans un bosquet. Invisible, navigant de branches en branches sans provoquer d'autre bruit que le bruissement d'une feuille de temps à autre. » Comme prévu, ce fut avec une lueur de plaisir dans les yeux qu'il accueillit mon défi. Âge d'à peine dix ans, Len avait l'agilité d'un singe et l'énergie d'un fauve. Ses petits membres se tendaient lorsqu'il se lançait à l'assaut d'un branchage lointain, amortissaient sa chute et le propulsaient de nouveau plus loin encore. Si la crainte du vide avait ralentit ses premiers mois d'entraînement, il avait maintenant compris que le vertige n'avait rien de rationnel. Il suffisait de ne pas tomber, de continuer d'avancer. Pourquoi avoir peur de la chute lorsqu'il fallait simplement ne pas chuter ?

La forêt était vaste et ancienne. La densité du feuillage empêchait les rayons des astres d'éclairer ses racines si bien que certains l'appelaient Forêt Sombre. Des ravines la creusaient ça et là, accueillant des rivières qui se transformaient en torrents à la moindre averse. Chaque mètre gagné ici était une épreuve, chaque kilomètre un calvaire. Enfin, des heures plus tard, épuisés par nos acrobaties, nos jambes menaçant de se briser comme du verre au moindre choc, nous touchâmes finalement au but. Le lieu de rassemblement était une immense clairière, parfaitement circulaire au centre de laquelle reposait un petit bloc de marbre blanc. Dans la trouée, de l'herbe émeraude poussait, remplaçant l'humus hétéroclite des sous-bois. Partout dans la prairie aux allures féeriques, rassemblés par groupe de deux ou trois, des hommes et femmes conversaient. Ils étaient jeunes ou vieux, grands ou petits, barbus ou imberbes. Portant des tenues sombres et ajustées, chacun semblait vouloir se fondre dans des ombres que leur refusait ce vaste espace ouvert et lumineux. Légers, gracieux, le moindre de leur mouvement semblait être une caresse à destination du vent. L'herbe frissonnait sous leur pas, les animaux chantaient et les insectes s’égayaient. Ils étaient harmonie. Ils étaient Dansebrumes.

Avec tendresse, je relevai le menton de Len qui ferma la bouche docilement. Ce que ses lèvres ne disaient pas se percevaient dans ses yeux. Tout son être respirait le respect et la fierté d’appartenir au même ordre que ces personnes fabuleuses. Il découvrait de nouvelles facettes de la Voie. Jusque là, j'étais à ses yeux le modèle à suivre. Il découvrait aujourd'hui des vieillards au regard de guerriers, des jeunes femmes à l'air érudit, des pirates avides de liberté et des soldats auréolés d'une aura justicière. Ils étaient tous Dansebrumes. Chacun suivait un affluent de la voie. Chacun traçait sa route, animé par l'harmonie et le respect des convictions d'autrui que lui avait un jour enseigné un maître. Le Dansebrume faisait ce qui lui plaisait, ne rendait de compte à personne. J'aimais voyager, découvrir le monde et les richesses de ses océans. L'apprentissage Dansebrume avait tissé en moi cette curiosité, m'avait guidé vers cette vie mouvementée. Je trouvais l'harmonie dans la recherche constante de nouvelles sensations. Len était encore jeune et influençable. Comme tout apprenti, il suivait dans un premier temps les pas de son maître. Je l'avais moi même fait il y a longtemps. J'espérais aujourd'hui immiscer en lui un début de questionnement. Comme tout Dansebrume, il devait chercher en son âme la source de son plaisir. Il ne serait pas éternellement lié à moi et la vue de tant d'individus différents devaient évidemment l'inspirer.

Pour autant, l'avenir du garçon n'était pas encore écrit. Il serait temps de réfléchir à ces questions une fois la Révélation effectuée. D'un signe de tête, je désignai à Len le socle de marbre trônant au centre de la clairière. Muet et immobile, il était pourtant le guide de l'ordre. Sculpté par les Fondateurs et habité par leurs âmes, il décidait du sort de chaque aspirant Dansebrume, pénétrant son cœur et recherchant en lui la moindre pousse d'harmonie. Il était le juge, et nul n'avait jamais remis en doute son appréciation. L'angoisse qui me rongeait depuis plusieurs jours s'envola alors que je lisais la calme résolution d'un être sûr de sa destinée dans le regard de mon apprenti. Ses cheveux d'ébènes ébouriffés par une brise chaude, il s'avança lentement vers le cube. Peu à peu, les conversations se turent et l'attention se tourna vers le garçon. Chacun était conscient que l'instant était important, chacun avait vécu l'épreuve et respectait son déroulement. Quelques sourires se dessinèrent ça et là tandis que la marche du garçon ne souffrait d'aucune hésitation. Beaucoup tergiversaient à cet instant, affligés du poids de la peur et alourdis par la terreur d'être exclus à jamais de l'ordre. Len, lui, ne doutait pas de sa réussite. Il était né Dansebrume.

En quelques seconde, il atteint le bloc de marbre et observa sa surface. Deux petites dépressions circulaires ornaient la roche immaculée parfaitement lisse en dehors de çà. Ne réfléchissant qu'une seconde, Len y déposa ses mains, paumes vers la pierre, attendant le jugement des Fondateurs. Le vent s'était calmé et plus rien ne semblait bouger aux alentours. Les Dansebrumes assistant à l'épreuve n'étaient plus que statues de chair et d'os. Un instant s'écoula, un battement de paupière, une éternité. Puis le cube vibra.

Sous les paumes du garçon, le bloc de roche devint lisse et se teinta d'un bleu si profond que certains l'auraient qualifié de noir. Les cavités dans lesquelles Len avait posé les mains se remplirent en quelques secondes d'une eau limpide, si légère et pure qu'il n'eut aucun mouvement de recul lorsqu'elle s'infiltra en lui par les pores de sa peau. Levant ses doigts devant lui, l'enfant observa avec curiosité le liquide voyager sous son épiderme et former des irrégularités à sa surface. La sensation étaient étrange mais indolore, si bien que je vis Len se résigner et attendre que les âmes des fondateurs présents dans l'eau terminent de l'étudier. L'attente ne dura qu'une dizaine de secondes, si courtes que je ne pus empêcher la peur de refaire surface en moi. Mon propre examen avait duré plusieurs minutes, et jamais à ma connaissance l'épreuve n'avait été si brève. Pourtant, la détermination dans les yeux de Len ne s'éteint pas et lorsque l'eau refit surface, traversant en sens inverse les pores de ses paumes, elle ne chuta pas au sol comme je l'avais crains. Habitée par une magie oubliée, le liquide cristallin sembla résister à la gravité qui lui ordonnait de s'écouler et forma dans les mains de Len deux petites entités mouvantes et fascinantes. Puis, avec soudaineté, l'eau se transforma en une brume blanche, tournoya un moment autour de Len et disparut.

Le bruit d'applaudissements enthousiastes ramena le garçon à la réalité. L'eau était devenue brume. Les Fondateurs avaient trouver en lui les graines d'un Dansebrume et l'avaient accepté. Len avait réussi. Avec un visage serein, il accepta mes bras tendus et m'enlaça comme un fils étreint sa mère.


- Tu es Dansebrume.

- Je sais.

- Ta formation n'est toutefois pas terminée. Tu vas devoir me suivre encore plusieurs années petit prince. La voie est infinie et tu n'en a découvert qu'une infime partie. Tu restes apprenti et je ne suis pas encore décidée à te libérer.


********************** **********************
En un instant, les années s'écoulèrent.

Len, âgé de seize ans, courrait dans la rue-près-du-ciel, attentif au moindre bruit dans la nuit. De lourds nuages orageux déversaient sur la cité une pluie torrentielle si bien qu'il avait du mal à entendre autre chose que le son fracassant de l'averse frappant le sol et les toits. Je le suivais, silencieuse. Le cri de frayeur poussée par une femme l'avait alarmé un peu plus tôt. Sans réfléchir à quoique ce soit, il s'était élancé dans la nuit, transperçant l'obscurité à la vitesse surhumaine d'un Dansebrume. « Il y un temps pour la réflexion. S'il n'y a pas de temps, alors l'action est toutefois préférable. » D'un pas semblait-t-il, L’adolescent franchissait les gouffres séparant les diverses bâtisses. Sans bruit, avec la souplesse et l'agilité d'un chat, il courrait. Il courrait pour secourir une demoiselle en détresse, il courrait pour que la souffrance cesse, il courrait pour que la justice reprenne ses droits. Sa justice. Depuis sa Révélation, Len n'était plus tout à fait le petit garçon ingénu que j'avais découvert à errer dans les rues. Sa rencontre des autres, de tous ces gens suivant leur Voie tout en respectant le code Dansebrume, de toutes ces personnes a la fois semblables et différentes avaient posée en lui les bases d'un raisonnement. Que voulait-il faire ? Que voulait-il être ? A en croire ce que j'avais vu depuis plusieurs années, la justice tenait une place importante dans son cœur.

Un second hurlement retentit. Ne perdant qu'une seconde, Len changea subitement de direction, manœuvrant telle une ombre souple et changeante. Nous étions proches, à quelques maisons tout au plus. Ne perdant pas de temps à lutter contre la gravité, Len sauta sur un toit de tuile glissant et se laissa déraper jusqu'à la gouttière. Arriver à quelques centimètres du rebord, il plia les jambes et se propulsa, décrivant une large courbe à travers l'espace de la ruelle pour finalement atterrir sur un balcon accroché à la paroi opposée. Bondissant par dessus la rambarde, il fit une dernière chute de quelques mètres et se ramassa pour amortir le choc. Pas un bruit ne trahit sa rencontre avec les pavées ruisselants. Sans s'arrêter un instant, il se remit à galoper, sachant pertinemment que je le suivais sans toutefois descendre de mon perchoir. Ce combat était le sien, un Dansebrume n'avait besoin du consentement ni de l'aide de quiconque. Il trouva la source des hurlements en quittant la rue principale pour s'enfoncer dans une voie annexe.

Là, une jeune femme, des cheveux teintés de feu collant à ses joues roses et son cou mince semblait vouloir reculer alors même que son dos était collé à un mur de briques sales. Elle était effrayée, perdue. De ses yeux coulait un flot de larmes qui se mélangeait à la pluie pour tremper sa robe pourpre à moitié déchirée. Devant elle, la menaçant d'un poignard rustre et rouillé, trois hommes dont le rouge du nez démontrait l'ivresse avançaient pas à pas dans sa direction. Leur malveillance était palpable, elle les entouraient telle une aura fétide et repoussante. A première vue, la fille était une serveuse ayant finit sa soirée et les hommes trois poivrots dont elle avait repoussé les avances à plusieurs reprises. Leur fierté atteinte, ceux-ci avaient décider de l'attendre afin de régler le problème une fois les rues désertes. La plupart du temps, cette stratégie aurait fonctionné et la jeune femme aurait alors passé la pire nuit de son existence. Pourtant, la chance avait ce soir là choisi son camp et dans un bruissement sourd, Len s'infiltra entre les agresseurs et leur victime affolée si rapidement que les premiers s'éloignèrent instinctivement de quelques mètres.


- L'ivresse ne pardonne pas tout messieurs. Avancez d'un seul pas et je vous envois dans les bras de Morphée.

Personne ne dit mot pendant plusieurs secondes. L'adolescente ne devant pas avoir plus de dix-huit ans s'arrêta de pleurer, fixant le dos de son sauveur avec une lueur d'espoir. Len, en équilibre parfait sur ses deux jambes, les bras ramenés devant lui en position défensive, attendait l'assaut de ses adversaires. Malgré son discours assassin, la dureté de son regard et l'assurance de sa posture, les ivrognes ne reculeraient pas. Len n'avait que seize ans. Son corps n'était pas encore celui d'un homme, ses muscles étaient dissimulés derrière des vêtements le protégeant de la pluie et son visage juvénile n'avait pas l'expression cruelle qui aurait pu effrayé les trois hommes rompus aux bagarres de taverne. En un cri de rage, celui de droite s'élança vers Lui, suivit dans la seconde par ses deux comparses. « L'erreur est de croire que le Dansebrume a besoin d'une arme. Le Dansebrume est une arme. » En un seul geste, un seul souffle, Len enfonça son coude dans le menton de son premier agresseur avant de se retourner en lançant sa jambe vers la poitrine du second. Les deux s'envolèrent de quelques centimètres et atterrirent durement sur les pavés ruisselants. Il ne se relèveraient pas, pas tout de suite du moins. Le troisième homme, ses sens embués par l'alcool, ne se préoccupa pas du sort de ses partenaires et ne stoppa pas sa course vers le garçon. Confiant en ses chances de l'emporter arme en main, il tendit son bras en visant la gorge de Len avec la lame de son couteau. Pivotant de sorte à éviter l'instrument d'un centimètre, l'apprenti Dansebrume enfonça son poing dans l'abdomen de son adversaire, vidant l'air présent dans ses poumons. Le malheureux s'effondra, jappant au sol en essayant d'inspirer. La lutte n'avait pas duré cinq secondes.

Acceptant la main tendue de Len, la jeune fille suivit son sauveur vers la seule taverne encore ouverte si tard dans la nuit. Souriant malgré moi, je le laissai seul avec ses sentiments et m'enfuis dans l'obscurité automnale. J'avais à penser, à réfléchir. Len n'avait pas commis une seule erreur lors de ce combat. Souple et brutal, il était facilement sortit vainqueur de l'affrontement, guidé par sa justice et son envie de protéger les autres. Il suivait une voie difficile car jamais il ne pourrait venir en aide à tous. Mais je n'étais pas là pour le juger. Chaque Dansebrume traçait son propre affluent de la Voie, dessinait sa propre destinée. Depuis une décennie, il était mon apprenti. Je lui avais donné un corps leste et endurant, des jambes puissantes et des bras rapides. Il savait escalader les murs les plus lisses et sauter les gouffres les plus larges, il pouvait courir à la vitesse d'une bourrasque aussi silencieusement qu'un soupir. La liberté n'était pas uniquement spirituelle. Il fallait la mériter en se sculptant un corps susceptible de franchir tous les obstacles. Puis je lui avais demander de réfléchir à ce qui emplissait son âme et son cœur. Le Dansebrume n'était pas qu'un athlète, il était l'harmonie entre le corps et l'esprit. Len avait découvert en lui une multitude de sentiments et de désirs. Il voulait tout et rien à la fois. Il voulait dormir et courir, prendre soin de ses proches et aider tous les êtres dans le besoin. A la fois généreux et égoïste, Len faisait de la logique un principe obscure et rivalisait de non-sens et d'imagination pour se construire des rêves dans lesquels il pourrait passer ses journées entre siestes reposantes et maintien de la justice. A seize ans, il avait enfin un but et les capacités d'y parvenir. Mon rôle de maître était terminé, celui de mère également.

Je le retrouvai plus tard à quelques rues de l'établissement dans lequel il était entré avec la jeune fille. Il raccompagnait la demoiselle à son foyer, leurs mains tendrement entrelacées tandis qu'ils parlaient avec gaieté. Elle avait apparemment déjà oublié sa mauvaise rencontre et semblait sous le charme du garçon qui le lui rendait bien. Arrivée devant le perron d'une vaste maison dans laquelle elle ne vivait vraisemblablement pas seule, elle déposa un léger baiser sur les lèvres de Len et pénétra dans la demeure. Ce dernier, abasourdi, souriant comme un idiot alors que la pluie battait son visage, demeura quelques instant immobiles avant de reprendre sa route en sens inverse. Très vite, il leva ses yeux d'or vers moi, accroupi sur le rebord d'un toit plat et me gratifia d'une moue désapprobatrice. J'étais apparemment repérée depuis un certain temps. Lui souriant pour me faire pardonner, je le rejoins au bas de l'immeuble et l'entoura d'un bras maternelle.


- Tu as bien fait ce soir.

- Merci.

- Tout élève devient un jour maître...et aujourd'hui, je suis fière du Dansebrume que tu es devenu. Je te libère Len. Tu n'es plus apprenti...sans être encore tout à fait maître. Tu devras découvrir par toi même les multiples aspects de la voie que je n'ai pu t'enseigner.

Réalisant avec effroi que sa vie basculait, Len resta abasourdi un moment avant de plonger son visage dans le creux de mon épaule. Ses chaudes larmes s'écoulèrent sur la peau nue de mes bras et je ne pus me retenir de le serrer une dernière fois contre moi. Len avait été un fils pour moi, mais il devait maintenant suivre sa propre route. Un dernier baiser sur son front et je me détournai de son regard larmoyant. Il ne me retiendrait pas, il savait que ce jour arriverait.

- Au revoir Len Nuvola.

- Au revoir Elea Nuvola.

- Que la brume danse avec toi.

- Que la lune éclaire ta nuit.


********************** **********************
Huit mois s'écoulèrent. Huit mois solitaire.

Voyager sans compagnie se révélait usant. Elea avait été un maître et une mère bavarde, le silence pesant des longues traversées me le rappelait amèrement. Seul au milieu de l'océan, bercé par la houle paresseuse et écrasé par l'ennui, je tentai vainement de ne pas m'assoupir. Ma barque n'était qu'une embarcation de bois fragile et je n'aurai pas souhaité qu'un monstre marin en quête d'un déjeuné se serve de moi comme apéritif. Si cela arrivait en fin de compte, que je sois éveillé n'y changerait pas grand chose. « Titan parmi les hommes, le Dansebrume n'en est pas moins vulnérable aux crocs des prédateurs des abysses. » Pour autant, certaines situations n'étaient gère propice à la sieste et je décidai de sortir de mon sac une tranche de viande séchée afin de m'occuper l'esprit. La terre que j'espérais apercevoir ne devait plus être loin. Les rumeurs la disaient vaste et champêtre, profitant d'un climat radieux et de mers alentours poissonneuses. Tout sur cette île semblait parfait et idyllique. Pourtant, tous l'évitaient. Il était dit que chaque personne posant le pied sur cette île prenait le risque de se voir enchaîné. Enchaîné jusqu'à ce que la vie vous quitte, enchaîné jusqu'à ce que le labeur ait raison de vos forces.

Levant les yeux de ma pitance, j'aperçus enfin Baldutia. Étendue émeraude s'épanouissant sous un ciel d'azur, l'île émergeait des eaux avec élégance, ses pentes douces et herbeuses se jetant mollement dans la mer calme. Des plages de sable fin bordaient les prairies sur toute la côté qu'il m'était possible d'observer. Seul un village équipé d'un port peu profond niché au fond d'une petite baie venait brisé la monotonie du paysage. L'endroit semblait en somme aussi charmant qu'on me l'avait annoncé et je ne doutais pas qu'une personne mal informée se serait avancer sans crainte jusque sur les quais du paisible hameau. Je ne faisais toutefois jamais de tourisme sans m’enquérir de la situation politique du lieu que je comptais visiter. Ce port aux allures charmantes était un leurre et ses prairies verdoyantes un appât. Chaque homme ici servait de gré et surtout de force un noble, un maître cruel et arrogant. Les dirigeants de cette île étaient aux dire de tous une lointaine branche d'une famille ayant contribué à ériger l'ordre mondial. Ils étaient Dragons Célestes, ou en tout cas cousins de ceux-ci.

Accostant sur une plage déserte à l'ouest de l'île, je passai les heures suivantes à m'enfoncer dans le territoire afin de voir de mes propres yeux ce que l'homme avait de plus vil en lui. Cette escale avait été la dernière consigne que m'avait donnée Elea avant de disparaître. Pour une raison ou pour une autre, j'étais censé apprendre ici quelque chose d'important.

Ce que je découvris en dépassant la crête d'une vallée arborée me coupa littéralement le souffle. De ma position, j'avais vue sur une large portion de l'île largement dénaturée par l'homme. Trois petites collines surplombaient un paysage du reste assez plat. Au sommet de chaque éminence se dressait un manoir, un palais. Majestueux, impériaux, ces somptueux bâtiments ne purent pourtant retenir mon attention plus d'un instant. Mon estomac sembla se retourner en moi tandis que j’apercevais pour la première fois la Folie. Dans les champs alentours, des hommes, des femmes et des enfants travaillaient. Certains portaient des sacs emplis de céréales pendant que d'autres labouraient à mains nues la terre sous leurs pieds. Des femmes voûtées déterraient sans outils des légumes que des gamins chargeaient ensuite dans des chariots tirés par des hommes maigrelets. Tous étaient vêtus de haillons qu'on ne pouvait décemment appeler vêtements. Tous avaient les chevilles enchaînées afin qu'ils n’oublient jamais leur condition. Tous avaient le visage inexpressif de ceux que l'espoir à quitter. Esclaves. Ce mot fit naître en moi des sentiments que je ne savais pas posséder. La rage, l'indignation, l'incompréhension. Elea m'avait envoyé contempler l’oppression afin que je puisse saisir l'étendue de ma liberté. Maudites soit-elle.

Des larmes emplissaient mes yeux. Des larmes de compassion et de colère. Mon cœur m'ordonnait de foncer vers ces gens et de briser une à une les chaînes qui les maintenaient prisonnier. Mon esprit me l'interdisait pourtant. Je ne pouvais pas les libérer, ils étaient trop nombreux et encadré par des dizaines de surveillants. J'avais peur également. Peur d'être capturé. Peur d'être réduit à l'état de bétail. Peur qu'on me retire cette liberté pour laquelle j'aurais tout donné. J'attendrais. Le moment venu, lorsque le responsable de cet enfer se montrerait...je le tuerais.

L'occasion d'apaiser mon âme déchirée se présenta une fois la nuit tombée. Sous les rayons encore jeunes de la lune, une procession quitta le manoir le plus proche et s'avança sans discrétion sur la route pavée qui bordait la grange sur le toit de laquelle je patientais depuis des heures. Mon estomac se noua alors que je comptais les gardes entourant le carrosse dans lequel paressait ma proie. Trente. Bien trop pour moi seul. Je jurai dans un soupir, maudissant ma bêtise et la prévention de cet être vil qui se faisait appeler noble. Jamais je ne pourrai occire ce geôlier sans être moi même tué ou capturé. Me tirant de ses pensées moroses, un mouvement sur la route attira mon attention. Un homme marchait, seul, sa démarche souple l'entraînant nonchalamment vers le cortège. A une dizaine de mètres du premier garde, juste devant la grange qui me servait de perchoir, il stoppa son avancée et leva ses yeux vers les arrivants. Tandis que le groupe ralentissait, un soldat se détacha de la masse et vint à lui ordonner de libérer la route, son épée dégainée afin de paraître le plus menaçant possible. Sans broncher, le solitaire couvert d'une cape grise dont la capuche me dissimulait le visage répondit d'un mouvement, un mouvement si rapide que j'eus du mal à le percevoir. Le garde s'effondra sans un bruit et dans un cri de rage, le reste de l'escorte s'élança vers lui.

« Le Dansebrume guette l'ouverture. S'il la trouve, la mort frappe, rapide et sans pitié. » Profitant du chaos, je dégainai mes deux poignards et sautai du bâtiment pour me précipiter vers le carrosse. Cinq protecteurs veillaient encore à la sécurité du noble. Une de mes arme vola en direction du premier et s’enfonça dans la peau tendre de son cou. Quatre. Les autres remarquèrent la présence d'un second assaillant et se mirent en garde. Trop tard. J'étais à présent assez proche pour entailler l'aine de mon second adversaire qui s'effondra en hurlant tandis que tout son sang se déversait par l'artère que j'avais sectionné. Trois. Mon pied s’enfonça dans le visage du suivant qui n'arriva pas me distinguer dans l'ombre de la grange. Deux. Un sabre m'érafla la joue alors que j abattais son propriétaire en plantant une lame droit dans son cœur. Un. Je sautai et me laissai porter par une bourrasque pour atterrir des deux pieds sur les épaules du dernier. Il tomba alors que me propulsai une nouvelle fois en vrillant les os de son cou durant la manœuvre. Ne restait que le noble. La noble. La propriétaire du carrosse était une jeune fille d'un vingtaine d'année qui aurait pu être jolie si son visage n'étais pas dissimulé derrière une grimace haineuse. Dans ses yeux se lisait le mépris qu'elle éprouvait pour moi, l'arrogance de se croire supérieure à toute autre créature. Avant qu'elle ne dise un mot, je lui tranchai la gorge.

Éclaboussé de sang, étonnamment serein après avoir tuer pour la première fois, je me détournai rapidement du carnage pour embrasser du regard le reste de la scène. Les vingt-cinq autres soldats étaient également à terre, morts, éparpillés autour de l'homme qui les avait occis. Sans hésitation et sans se presser, il se dirigea vers moi. S'il pouvait infliger pareil sort en si peu de temps à autant de guerriers entraînés, alors je n'avais aucune possibilité de fuite. Ma seule chance résidait dans l'espoir qu'il me considère comme un allié. Avec attention, il observa le tableau macabre se peignant à mes pieds et finit par planter son regard dans le mien.


- Pourquoi prendre le risque de t'attaquer à un noble mondial, même insignifiant et isolé ?

- Pour rendre justice.

- Noble idéal. Cette tuerie ne changera pourtant pas le monde. Ce n'est pas comme ça que tu rendras leur liberté à tous ces esclaves.

- Pourtant, vous avez tué plus d'hommes que moi ce soir.

- C'est vrai, dit-il en souriant. Nous avons apparemment un objectif commun. Nous défendons tous les deux une cause juste. Pourtant, j'ai une chance de faire changer les choses alors que toi non. Sais-tu pourquoi ?

- Dites-moi.

- Tu es seul et sans allié. Tu te feras attraper un jour pour une tuerie semblable et tu seras exécuté sans n'avoir rien changer au monde. Moi, je ne risque rien.

Il sortit de sa poche une pièce d'argent qu'il me tendit. Sur ses deux faces était gravé un symbole. Le symbole du gouvernement.

- Le monde entier est corrompu, la marine et le gouvernement n'y font pas exception. Pourtant, respecter leurs lois est le seul moyen de faire un jour évoluer la situation. Deviens soldat dans un premier temps et gagne la confiance de ta hiérarchie. Une fois à l'intérieur, une fois ta fiabilité prouvée, tu seras libre d'agir à ta guise, sans que jamais personne ne te soupçonne. On n'a pas à défier les remparts d'une citadelle si l'on est déjà à l'intérieur.

Si tes convictions sont aussi fortes que ton regard me le laisse penser, tu prendras la bonne décision. Donne cette pièce à un officier de la marine. Il te présentera à un agent, comme moi, qui te mènera vers un centre d'entraînement ou tes capacités seront testées. Tu réussiras le test et ta formation commencera. Ce sera dur et tu devras laisser un temps ta liberté de côté. Finalement, tu gagneras un statut. Grâce à lui, tu seras de nouveau libre, libre d'agir, libre de défendre ta cause.

Il faut parfois sacrifier une parcelle de sa liberté pour défendre un idéal plus grand.

A ces mots, l'agent disparut. Je ne tenta pas de comprendre comment. Mes pensées étaient rivées sur les propos qu'il venait de me tenir. M'engager dans l'armée pour donner vie à mes convictions ? Ridicule. La marine défendait en théorie la justice mais obéissait à des lois trop rigides. Je ne me voyais pas soldat. Je haïssais la discipline. Pourtant, cet homme ne semblait pas contraint par sa hiérarchie. Pouvait-on au sein du gouvernement acquérir suffisamment de crédit pour devenir son propre-maître ? Cela me paraissait utopique. Il devait simplement être assez habile pour agir indépendamment de son corps d'arme sans que ceux-ci ne l'en soupçonne. Défendre la justice. Revêtir l'uniforme. L'un n'allait pas sans l'autre à en croire cet homme... Et il m'était impossible de démentir ces propos tant que je n'aurais pas essayer.

Fixant la pièce dont il m'avait fait cadeau, je finis par y lire une inscription discrète gravée sous le symbole principal : Cypher Pol. Qu'est-ce que cela signifiait ?

Il ne tenait qu'à moi de le découvrir.


[A cet instant, mon personnage a 17 ans et va entrer dans la marine. J'ai mentionné plus haut qu'il en avait 20. Je voudrais en fait passer ces trois ans pour y revenir si besoin en flash back durant les rp.]


Dernière édition par Len Nuvola le Lun 18 Juin - 14:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Len Nuvola [Finie]   Lun 18 Juin - 12:10

C'est terminé ? ^^'

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MessageSujet: Re: Len Nuvola [Finie]   Lun 18 Juin - 14:40

Euh ui ui. Je l'avais indiqué dans le titre. ^^
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MessageSujet: Re: Len Nuvola [Finie]   Lun 18 Juin - 15:22

Oukay ^^ faut faire un up quand c'est comme ça, on regarde pas forcément le titre XD [ la preuve, j'avais pas vu ^^']

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MessageSujet: Re: Len Nuvola [Finie]   Lun 18 Juin - 22:40

Qualité : 6/6
Description physique 1,5/1,5 - Même si je trouve que parfois tes phrases sont un peu courtes, c'est une très belle description, très joliment écrite qu'on a justement envie de lire dans une certaine continuité
Description morale 1.5/1,5 - Encore une fois, c'est très bien écrit... rien à dire
Histoire 3/3 - Rien à rajouter par rapport à mes précédentes remarques

Quantité : 6/6
Description physique 1.5/1,5 - Très bien
Description morale 1.5/1,5
Histoire 3/3

Français 2.5/3 (a noter par rapport a la quantité, un texte de 20 lignes avec 10 fautes est inférieur a un texte de 100 lignes avec 10 fautes .)
Mise en page 1/2 - Une mise en page bien épurée mais manque un peu de couleur pour discerner les différentes personnes qui parlent dans les dialogues
Avis personnel 1/1 - Une histoire très bien menée, une originalité dans ton écriture, j'ai adoré
Originalité 2/2 - Histoire originale, style originale, cette façon de raconter ton histoire à travers les yeux d'une autre... vraiment bien
--> 6.5/8

Total 18.5/20 --> arrondi à 19

Franchement, c'est rare que je mette de si bonne note mais tu le mérites.
Ton fruit est donc validé, le Kilo-kilo no mi

Bienvenue et bonne continuation^^

Si ça t'intéresse, j'ai un premier rp à te proposer, tu peux voir le lien
ici avec une demande d'un marine qui voudrait faire un rp avec un CP9
Voilà, sinon le lien du rp directement c'est ici

Voilà !

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MessageSujet: Re: Len Nuvola [Finie]   Mar 19 Juin - 17:20

=O.
Ben merci beaucoup pour toussa.
Je vais faire en sorte d'être à la hauteur. ^^

Je clique directement sur le lien du RP. =)
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MessageSujet: Re: Len Nuvola [Finie]   Mar 19 Juin - 18:38

Parfait, alors je te valide et te met ta couleur et ton niveau
Bin si ça t'intéresse le rp je te laisse poster à la suite (préviens juste sur le sujet de la demande de rp de Kon ou sur le sujet que tu réserves le post ^^)

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Len Nuvola [Finie]

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